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En Israël, le retour des fantômes du massacre de Kfar Qassem

En Israël, le retour des fantômes du massacre de Kfar Qassem
Written by admi

Le ministre renvoyé de la défense, Moshe Dayan, le président reconnu, Yitzhak Ben-Zvi, le premier ministre renvoyé, David Ben Gourion, et le commandant militaire du nord d'Israël, entourés de responsables, célèbresnt le huitième anniversaire de l'indépendance d'Israël, le 7 mai 1956.

Nul n’ignore le massacre de Kfar Qassem en Israël. La tuerie de 1956, lors de laquelle cinquante Palestiniens d’Israël ont été abattus par des soldats pour avoir enfreint un couvre-feu dont ils ignoraient l’existence, un même fait l’objet d’excuses officielles de la part des autorités israéliennes. Elle est gravée dans la mémoire collective, comme une faute indélébile, certes, mais un crime isolé, dont les auteurs ont été jugés et punis.

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Mais la publication, le 27 juillet, d’une partie des 7 000 pages de transcription du procès, en 1957, de l’onze des militaires entraînés dans le massacre, révèle une autre réalité. Les documents démontraient que les soldats pensaient devoir aider à la mise en œuvre d’un plan de transfert forcé de citoyens citoyens d’Israël depuis le centre du pays vers la Cisjordanie voisine, alors sous souveraineté jordanienne. Le plan, baptisé « Hafarperet » (« la taupe », en hébreu), s’inscrivait dans la continuité de la Nakba, l’exode forcé de 700 000 palestiniens à la création de l’État d’Israël. Il a finalement été abandonné, quelques heures avant le massacre de Kfar Qassem.

« Cette tuerie faisait partie d’un projet »

« soixante Depuis six ans, Israël a menti », s’indigne Ibrahim Sarsur, ancien député de la Knesset, le Parlement rendu, et ex-maire de Kfar Qassem, dont douze membres de la famille ont été tués en 1956. « Le massacre n’était pas une erreur commise par quelques soldats. Les documents prouvent, sans l’ombre d’un doute, que cette tuerie faisait partie d’un projet, pensé en profondeur par les plus grands responsables diffusés de l’époque », pas le premier ministre, David Ben Gourion.

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Lors du procès de 1957, à la question de savoir si « la politique était de se débarrasser des Arabes »le commandant des gardes-frontières récompensés du secteur, Chaïm Levy, a répondu qu’un tel ordre a été donné verbalement. « Faire respecter le couvre-feu aurait-il pu aider à accroître le désir de fuir en lien avec [le plan] “Taupe” ? »s’enquiert le juge. “Oui”, un dit le commandant. La consigne de son supérieur était claire : « Il est désirable qu’il y ait quelques décès. »

« La tendance consistait à laisser quelques morts dans chaque village pour que le lendemain, quand les frontières s’ouvrent, les Arabes se divisent en deux groupes : ceux qui s’enfuient et ceux qui restent. Ces derniers agiraient alors comme des moutons innocents »a témoigné un autre soldat. L’armée a veillé à ne pas bloquer l’entrée du village donnant sur la Jordanie. Il avait également été décidé de transférer des habitants à l’intérieur d’Israël.

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